Interview de Marc Lechuga, Ingénieur d’Etude CECS
Responsable du groupe HTS
1. Au traitement de quelle(s) pathologie(s) travaillez-vous à I-Stem ?
Je travaille sur le programme de criblage de molécules d'intérêt pharmaceutique à haut débit (High Throughput Screening ou HTS). Ce programme s'inscrit dans le développement de l'autre option thérapeutique d'I-Stem contre les maladies rares : le médicament.
Il concerne potentiellement toutes les pathologies cibles d'I-Stem. La faisabilité et la disponibilité les moyens de détection les effets d'une mutation au niveau cellulaires déterminent le calendrier des criblages.
2. Qu'attendez-vous précisément des cellules souches dans le cadre de votre programme de recherche?
La pertinence et surtout le résultat de criblage en termes d'efficacité au regard d'une pathogénie donnée est fortement liée à la valeur scientifique du modèle pathologique étudié. Il est évident qu'étudier les effets de molécules modulatrices vis-à-vis d'une enzyme permet d'obtenir des résultats infiniment moins utiles que le criblage de ces molécules sur une cible cellulaire. Les cellules souches permettent à l'équipe HTS d'accéder à des modèles cellulaires de maladies rares et de les « configurer » aux normes du HTS, c'est-à-dire de les orienter vers des différenciations qui appuient la pertinence intrinsèque du modèle et/ou permettent de les manipuler dans des contenant miniatures (microplaques) à l'aide d'automates.
3. En quoi l'utilisation des cellules hES dans ce cadre vous paraît-elle pertinente ?
Actuellement, la très grande majorité des médicaments mis sur le marché des grands défis de santé publique sont issus de criblages de molécules sur des cellules. Dans l'industrie, ces cibles sont souvent des OGM d'origine animale contenant des gènes humains et débouchent de ce fait sur un développement pharmaceutique long et fastidieux tant le modèle est éloigné de ce qui se passe chez le patient. Nous disposons de cellules souches embryonnaires humaines susceptibles d'offrir une pertinence supplémentaire, au niveau tissulaire, d'abord, puisqu'elles sont capables de se différencier en n'importe lequel des tissus de l'organisme ainsi qu'au niveau génétique grâce nos lignées porteuses de mutations causales de maladies rares. Ces caractéristiques en font des outils hors normes et sans commune mesure avec ceux qui existent dans les laboratoires conventionnels publique ou privé.
4. Dans les 10 ans qui viennent, quels résultats pensez-vous avoir atteints ?
Le développement d'un médicament classique jusqu'à son autorisation de mise sur le marché nécessite en moyenne huit ans. Les statuts Maladies Rares et Orphan Drug permettent de gagner du temps sur les essais cliniques et les étapes réglementaires. Je pense que les moyens du HTS et ses méthodes héritées de l'industrie pourront faire gagner un temps précieux sur la découverte des molécules chefs de files vers le médicament. J'espère pouvoir compter sur deux molécules issues de mon activité en essais cliniques ainsi qu'une file de trois à cinq criblage campagne de criblages par an.
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